À l’instar de la Flandre et de la Wallonie, la Région bruxelloise connaît également une crise du logement. Ainsi, 45.000 voire 49.000 ménages sont inscrits en liste d’attente pour obtenir un logement social et 5.300 personnes, dont près de 1.000 enfants, sont considérées comme mal logées ou à la rue.

Si ces chiffres sont interpellants, le paradoxe réside surtout dans le fait que des espaces sont disponibles. Ainsi, Bruxelles compte 10 % de logements sociaux inoccupés, 15 % des bureaux sont vacants et plus de 5.000 logements au-dessus de commerces sont à l’abandon. En chiffres cumulés, on dénombre plus de 6,5 millions de mètres carrés vides sur le territoire de la Région bruxelloise, l’équivalent de la superficie de la commune d’Ixelles. Une réalité qui fait que, depuis 2019, le secteur associatif spécialisé dénonce une « vingtième commune » de Bruxelles, composée de l’ensemble des espaces inoccupés de notre Région et baptisée Saint-Vide-Leegbeek.

Complexes de bureaux, maisons de maître, immeubles d’appartements, anciennes industries : aucun type de bâtiment n’est épargné par la vacance immobilière à Bruxelles. Face à cette situation, il est essentiel de mobiliser l’ensemble des ressources et des leviers mis à notre disposition pour permettre à chacun de se loger dans les meilleures conditions.

Des acteurs du secteur du logement ont publié une carte blanche dans le journal La Libre Belgique du 14 avril 2021, déplorant que le mouvement de l’occupation temporaire exclue a priori la fonction de logement : « La mise en mouvement des opérateurs publics vers l’occupation temporaire de leurs bâtiments vacants est certes un signal très positif qui se doit d’être souligné. Mais la mise à l’écart de manière répétée et quasi automatique d’une fonction aussi fondamentale que le logement est pour le moins problématique. » Cela vaut même pour des bâtiments qui avaient une fonction de séjour, à l’instar de l’hospice Pachéco, propriété du CPAS de la Ville de Bruxelles, qui est vide depuis 2017.

Si nous pouvons saluer le fait que, pour lutter contre la vacance de ces sites, les pouvoirs publics se tournent désormais vers l’occupation temporaire, force est de constater qu’ils écartent, de manière répétée et quasi systématique, la possibilité de les transformer en logements.

Quelle est la position du gouvernement quant à la possibilité de transformer des sites vacants en logements temporaires ?

Avez-vous entamé des discussions avec l’administration compétente sur la dispense éventuelle de la réglementation relative à la performance énergétique des bâtiments pour les logements modulaires ?

Une attention particulière sera-t-elle accordée à cette thématique dans la réforme du règlement régional d’urbanisme ?

De manière plus proactive, la crise et le coup de frein qu’elle entraînera dans de nombreux projets appellent-ils à une réflexion au sein de votre administration ?

La législation actuelle prévoit que l’occupation temporaire d’un site ne peut pas excéder deux ans. Comptez-vous modifier cette durée si les sites restent disponibles plus longtemps ?

 

*Ici, réponse M. Pascal Smet, secrétaire d’État, 31/05/2021 et intégralité des interventions : http://weblex.brussels/data/crb/biq/2020-21/00143/images.pdf#page=40